jeudi, 05 novembre 2009

Expression du groupe les Verts - Novembre

 

LesVerts

Le 24 septembre, puis le 15 octobre, notre groupe a choisi de ne pas siéger au conseil municipal, un geste grave et nécessaire qui répond aux dysfonctionnements de la majorité municipale et pointe nos désaccords sur les orientations et priorités politiques. Par ce geste nous informons aussi les Noiséens de la difficulté, voire de l'impossibilité parfois, que notre groupe a à mettre en œuvre le programme pour lequel ils nous ont élus.

Nous avons, par tous les moyens, essayé de résoudre cette crise interne : en bureaux municipaux, en commissions, par de nombreux courriers, en demandant un dialogue que nous n'avons pas obtenu ...

Le 14 octobre notre groupe a organisé un bilan d'étape après un an et demi à la municipalité. L'occasion de lister les actions que nous avons pu mener à terme et celles que nous aimerions voir aboutir comme l'épicerie sociale, pour laquelle ne manque plus que l'autorisation de la Présidente de la Semino pour le local !

Mme le Maire met beaucoup d'acharnement à un fonctionnement contre productif. Elle accumule les délégations qu'elle ne peut, bien sûr, pas assumer. Elle recrute à tour de bras dans le secteur des cadres et ajoute même une catégorie (les chefs de pôles) qui pèse dans le budget de la ville et n'est d'aucune utilité sinon celle, inavouée, de verrouiller un peu plus les prises de décisions. Pas de recrutement par contre dans nos délégations : il manque du personnel dans les services à la population, les régies, personnel que nous réclamons depuis 18 mois, comment les équipes de nos secteurs peuvent-elles être véritablement efficaces sur le terrain ?

Dans un courrier que Mme le Maire nous adresse le 21 octobre, elle dit "assumer sa part de responsabilité dans cette situation de crise" et elle propose, pour nombre de sujets, la constitution de groupes de travail pour arriver à "une position commune de la majorité". Mais n'est-on pas déjà arrivé à une position commune, que ce soit en bureau municipal ou au cours de conseils municipaux ? Par exemple lors du vote du budget le 26 mars 09 : qu'en est-il advenu ? Si ce vote avait été respecté nous n'aurions pas eu besoin du recours à la "décision modificative du budget" (votée au dernier CM) pour permettre de payer le personnel municipal jusqu'en décembre.

Qu'est-ce pour Mme le Maire et son groupe que le vote majoritaire en conseil municipal ? Qu'en font-ils ? La position politique commune est à rechercher dans les décisions du conseil municipal et dans le programme de mars 2008 que nous avons élaboré ensemble et proposé ensemble aux Noiséens, c'est là-dessus qu'ils nous ont élus !

Vos élus Verts : Cris Beauchemin, Anne Déo, Patrick Lascoux,

Dominique Robbe, Marie-Andrée Roginsky, Patrice Tranchant

 

jeudi, 29 octobre 2009

Copenhague 2009

 

http://www.copenhague-2009.com/

vendredi, 16 octobre 2009

Intervention au Conseil Municipal du jeudi 15 ocotobre

 

Madame le Maire,

Chers collègues,

Mesdames et messieurs les Noiséens présents ce soir,

 

Je m'exprime à nouveau au nom de tous les élus Verts.

Nous avons quitté le conseil Municipal du 24 septembre et celui-ci n'a pas pu se tenir faute de quorum. Cette décision grave nous a coûté mais il nous semblait que le courage consistait à poser un acte fort pour vous faire réagir. Notre déclaration faisait suite à de nombreuses interpellations restées sans réponse depuis 18 mois. Vous semblez n'en avoir tiré aucune conséquence. Depuis nous vous avons écrit une très longue lettre pointant un à un les très graves dysfonctionnements récurrents de la majorité que vous êtes censée conduire et nos désaccords sur les orientations et priorités politiques.

Vous nous avez reçu, Monsieur Beauchemin et moi le 30 septembre, vous nous avez envoyé un courrier le 12 octobre et malgré tout le temps que vous pris pour l'écrire nous considérons que nous n'avons aucune réponse acceptable à nos questions :

  • Aucune piste concrète de négociation ou de débat sérieux pouvant aboutir à un compromis acceptable
  • Aucune remise en cause de votre part sur les dysfonctionnements que nous avons pointés

Il va de soi que vous n'avez pas pris la mesure de nos désaccords, de notre impatience et de notre déception. Vous ne pouvez plus nier votre responsabilité dans la crise grave que nous traversons.

Conformément à la loi, le quorum n'est pas nécessaire ce soir pour délibérer. Notre décision de ne pas siéger à ce conseil ne portera donc pas préjudice aux Noiséens, aux entreprises et au personnel communal. Les délibérations qui sont d'ailleurs le fruit du travail de vos adjoints pourront être votées.

Il est désormais de la responsabilité des autres élus socialistes de cette assemblée de tirer les leçons de cette situation qui n'a que trop duré.

 

 

 

 

mercredi, 07 octobre 2009

Compte-rendu de mandat des élus Verts

 

6 Octobre 2009        NOISY LE SEC     Paroles      Numéro 67

Logo Verts.jpg

EDITO

Vingt élus sur les trente de la majorité municipale ont refusé de siéger au conseil du 24 septembre. Il ne s'agit pas d'un geste d'humeur mais d'une décision politique grave et mûrement réfléchie, prise après de nombreuses tentatives de dialogue restées infructueuses. Nous espérons que cet acte fort permettra le retour aux engagements pris ensemble devant les Noiséens qui nous ont élus et le rétablissement d'un fonctionnement démocratique au sein de la majorité municipale.

Nous restons plus que jamais décidés à mettre en œuvre le projet écologiste, social et solidaire qui a rassemblé toutes les forces de gauche à Noisy en mars 2008. Le 5 octobre 2009

 

Les Verts vous invitent à une réunion publique :

 

Mercredi 14 octobre 2009 à 19h30

Salle Gérard Philipe, 115 rue Jean jaurès

« Compte-rendu de mandat des élus verts »


CE QU'ILS ONT FAIT.....CE QU'ILS N'ONT PAS FAIT...

POURQUOI ?

Venez débattre des moyens à mettre en œuvre pour la réalisation du programme de mars 2008

 

10000 manifestants anti nucléaires à Colmar dimanche 4 octobre,

pour demander la fermeture de Fessenheim, la plus ancienne des centrales nucléaires françaises, la moins sûre, celle qui a connu de nombreux incidents « sans conséquences pour l'environnement » comme le claironne Areva qui fait effectuer les contrôles par ses propres employés ! Le contraste était assez violent à Colmar entre les manifestants antinucléaires et le dispositif policier mis en place par les autorités avec CRS, police montée, hélicoptère et bouclage de la ville. Rappelons que l'énergie nucléaire est aussi une énergie non renouvelable (les réserves d'uranium ne sont pas inépuisables !), que le problème des déchets n'est toujours pas réglé et que les Verts militent résolument pour de véritables moyens de développement des énergies renouvelables.

 

vendredi, 02 octobre 2009

Privatisation de la Poste : mobilisation générale !

Les Verts de Noisy-le-Sec appellent leurs militants et tous les citoyens à prendre part au referendum citoyen organisé dans la ville le samedi 3 octobre contre le changement de statut de la Poste en société anonyme.  

Pour le gouvernement il s’agit de créer une entité qui permettra de revendre aux groupes industriels privés les activités rentables du groupe la Poste.

On assistera inéluctablement à la dérive de la Poste dans une logique comptable plutôt qu’une logique de service public. Le service public est de plus en plus menacé et nous pouvons constater chaque jour des reculs, que ce soit dans l’Éducation, la Santé, la Culture. Aujourd’hui, c’est La Poste, service public emblématique, qui est menacée par un projet de privatisation.

Lors de la modification de la Constitution, en février 2008, le gouvernement Sarkozy a inscrit le droit au référendum dans la Constitution. Mais depuis, rien n’a été mis en œuvre pour que cette promesse soit applicable.

Nous devons exiger un référendum sur l’avenir de La Poste. C’est pourquoi Les Verts sont partie prenante du Comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal.


Plus notre mobilisation sera grande, plus nous aurons une chance de faire reculer ce projet.  

jeudi, 10 septembre 2009

La taxe carbone fait pshitt

Les députés européens Europe Ecologie expriment leur déception après les

décisions du président de la République française sur la taxe carbone jeudi 10

septembre. La taxe carbone de M.Sarkozy aboutit en effet à un véritable gâchis

qui dévalorise l'idée même de fiscalité écologique.

 

A moins de cent jours de la conférence de Copenhague, Nicolas Sarkozy envoie un

très mauvais signal quant à la volonté de la France de relever les défis

climatique et énergétique. C'est un rendez-vous manqué : sa taxe carbone est à

la fois inefficace écologiquement et injuste socialement.

 

Avec un prix minimaliste de 17 euros la tonne de CO2 alors qu'il y avait un

consensus des spécialistes pour recommander un plancher d'au moins 32 euros,

l'objectif de division par quatre des émissions de CO2 ne pourra pas être

atteint. Pas plus que ne sera encouragée la baisse de la consommation d'énergie

ou la transition vers des énergies propres.

 

En entretenant le flou sur la progressivité de cette taxe, M.Sarkozy condamne

les investisseurs et les ménages à une absence de visibilité quant à leurs choix

d'investissements énergétiques. La règle du jeu n'est pas clairement fixée,

d'autant plus que la décision d'accrocher cette taxe au niveau du marché rendra

celle-ci captive des soubresauts du marché du carbone.

L'exonération de l'électricité va intensifier le recours au chauffage

électrique. Une aberration écologique puisque cela conduit à construire des

centrales électriques fonctionnant au gaz et au charbon pour répondre aux

pointes de la demande électrique, avec un bilan carbone désastreux. Et un risque

social pour ceux qui doivent payer les lourdes factures d'électricité que cela

implique.

 

En ne retenant que des critères géographiques ou de taille de la famille, la

redistribution du produit de la taxe aux ménages ne tient pas compte des

différences de revenu. Qu'il appartienne aux catégories les plus favorisées ou

aux couches les plus précaires, chaque ménage se verra rétrocédé une somme

identique, ce qui va créer une inégalité criante.

M. Sarkozy, qui affirme vouloir entrer dans la grande histoire avec la taxe

carbone, y entre par la plus petite porte.

 

Ce sera désormais aux parlementaires de décider s'ils mettent en place une

contribution climat énergie qui soit un outil de transition énergétique et de

justice sociale ou s'ils valident une taxe carbone au rabais. Ils ont le choix

entre poursuivre une polémique souvent démagogique et populiste ou engager un

débat démocratique responsable sur le plus grand défi du siècle.

 

 

   

vendredi, 04 septembre 2009

Taxe carbone : Lettre ouverte au Président de la République (FNE)

Taxe carbone : Lettre ouverte au Président de la République (FNE)

 

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Monsieur le Président de la République,

Vous avez décidé de soutenir la création d’une contribution climat énergie qui représente un engagement important du Pacte écologique de Nicolas Hulot et du Grenelle de l’environnement. A ce titre, je vous en remercie.


Toutefois, au nom de France Nature Environnement, fédération de 3000 associations environnementales et actrice centrale du Grenelle de l’environnement, j’ai l’honneur de vous demander d’aller au bout de votre démarche, de ne pas vous arrêter en chemin et de ne pas manquer cette occasion historique de contribuer à ce que la France entre dans le monde de l’après pétrole.

Vous le savez, le débat sur l’impôt a toujours été, dans notre République, un débat sur l’avenir que nous voulons pour la société. Cela signifie très concrètement qu’il est aujourd’hui indispensable de créer, non pas une demi mesure qui sera un simple variable d’ajustement de notre fiscalité mais d’engager une révolution fiscale.

Or, une révolution ne se fait pas à moitié. A moins de cent jours de la Conférence de Copenhague, dont l’issue est très incertaine, le passage d’une société de consommation insatiable en énergie à celle de l’après-pétrole, nécessairement plus sobre, doit commencer aujourd’hui.

A la veille d’une crise climatique sans précédent et alors que le monde est bien au bord du gouffre, des décisions courageuses s’imposent. Parmi ces décisions figure notamment la création d’une contribution climat énergie qui est, non pas le contraire, mais la condition absolue d’une justice sociale et environnementale. Le pire serait de ne rien faire. Dans ce cas, les plus faibles subiront une double peine économique et écologique.

De ce point de vue, la manière dont le Gouvernement construit ce nouvel instrument au fil de déclarations politiques n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Pour France Nature Environnement, la Contribution Climat Energie doit permettre une baisse générale de notre consommation d’énergie, y compris électrique et nucléaire. Cela signifie un taux de départ d’au moins 32 euros pour le poids carbone. Cela signifie une croissance progressive et programmée de ce taux, qui permettra à tous d’anticiper la hausse des prix et de modifier ses habitudes en conséquence. Cela signifie également une utilisation des recettes équitable permettant un progrès social autant qu’environnemental. Enfin, cette contribution n’est que l’un des 273 engagements du Grenelle de l’environnement qui sont autant de mesures d’accompagnement : il est temps de les concrétiser toutes.

Monsieur le Président de la République, vous êtes à l’heure de la décision, face à un choix d’une extrême importance pour l’avenir. La démagogie et les corporatismes qui s’expriment aujourd’hui ne seront plus là demain pour mesurer, les conséquences de leurs déclarations qui oublient les générations futures.

Il faut donc en finir avec la politique du « et moi et moi et moi ». Nos concitoyens sont prêts à l’entendre.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute et respectueuse considération.

Sébastien Genest
Président de France Nature Environnement

Copenhague 2009 - L'ultimatum climatique

 

Signez la pétition sur:

http://www.copenhague-2009.com/

 

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lundi, 27 juillet 2009

Tracé du Tram à Noisy-le-Sec

 

Les Verts défendent les initiatives citoyennes...

... mais il ne pouvait pas y avoir de référendum sur le tracé du tram.

 

Le 25 juin dernier, jour du conseil municipal où devait être adopté un vœu déterminant le choix du tracé du tram, une pétition citoyenne a été déposée pour demander l'organisation d'un référendum qui aurait eu pour vocation de décider du tracé du tram. La majorité municipale ne pouvait pas en tenir compte. Pourquoi ?

Les débats sur le tram durent depuis 7 ans déjà. Plusieurs consultations ont eu lieu. La dernière a été spécialement ambitieuse. Elle a été bien plus large que ce qui avait été organisé jusque là à Noisy et bien plus large aussi que ce qui a été fait dans les villes voisines. Pendant toute cette période, les occasions de déposer une pétition pour demander un référendum ont été nombreuses. Le 25 juin, il était tout simplement trop tard : nous devions prendre position rapidement si nous voulions que le tram soit prolongé. Car pour les décennies qui viennent, la Région a un programme d'extension des transports en commun qui excède ses moyens. Si Noisy avait continué à tergiverser sur le choix du tracé, si l'équipe municipale n'avait pas pris position, c'est le prolongement du tram qui pouvait être remis en cause. La décision prise par le STIF le 8 juillet a été un écho à notre décision municipale.

Compte tenu de l'ardeur des débats locaux sur le tracé, il était certain que notre décision, quelle qu'elle soit, provoquerait la satisfaction des uns et le mécontentement des autres. Mais renvoyer la décision à un référendum aurait surtout été une solution de facilité politique : à l'issue du vote, nous n'aurions pas eu à porter l'insatisfaction des mécontents. Mais c'eût été irresponsable de notre part, car c'était risquer l'abandon du projet de prolongement.

Nous sommes fiers de notre décision parce qu'elle répond à nos engagements politiques, à notre volonté de relancer le tram et à nos options d'aménagement pour la ville (voir : « Pourquoi Jean Jaurès ? » avec le lien : http://vertsnoisy.blogspirit.com/archive/2008/06/16/les-v...).

 

 

mercredi, 03 juin 2009

Fred Vargas soutient Europe Ecologie

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Fred Vargas (DR) Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas

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